Les technologies de l’ombre

Le réseau internet a joué un rôle majeur dans la couverture des soulèvements arabes. Pas seulement pour diffuser des vidéos chocs mais aussi et surtout pour coordonner les actions des manifestants. La coordination des différents mouvements fut la pierre angulaire du succès. Avant la chute de Hosni Moubarak, l’Égypte connu de nombreuses manifestations touchant plusieurs catégories socio-professionnelles sans jamais fragiliser le système en place. La coordination de tous les acteurs étant inexistante. L’impact fut nulle ou très peu effective. Dans les pays secoués par des soulèvements (quelle que soit leur degré d’intensité), internet fait partie du paquetage du militant-manifestant. Très vite, les autorités ont soit filtré les accès ou les ont tout bonnement interrompus. Avec l’aide de hackers, les dissidents ont réussi à contourner les filtres pour rejoindre la toile, au grand dam des autorités impuissantes.

Les Américains ont développé le concept de shadow internet et des systèmes de téléphonie cellulaires indépendants permettant à des « manifestants » de s’affranchir des réseaux de télécommunication de leurs pays pour accéder à l’internet ou au réseau téléphonique pirate. Les soulèvements arabes et la réaction radicale des États quant à la fermeture des réseaux internet et de téléphonie ont accéléré le développement de ce projet. Les Américains y trouvent là une occasion de s’ingérer dans le déroulement des événements.

Deux projets sont en cours de développement avancé : la création de réseaux sans fil et l’ « internet dans une valise ». Ces projets visent à contourner la censure de certains sites (facebook, twiter…), le blocage de certaines requêtes de recherche ou une coupure totale de l’accès à l’internet par les pouvoirs contestés. Bien que des groupes informels comme Telecomix ou FDN ont déjà mis au point différents outils pour accéder à la toile via un modem RTC.

Réseaux sans fil : L’idée est de créer des réseaux téléphoniques mobiles indépendants  permettant aux militants d’être furtifs pour communiquer entre eux hors de  portée des États, mais qui permettra surtout un contact avec un ou des gouvernements étrangers (parfois hostiles) soucieux de l’aspiration à la liberté des peuples etc…

L’ exemple existe en Afghanistan où Le Département d’État associé au Pentagone ont dépensé 50 millions $ pour créer un réseau téléphonique indépendant qui les protégerait d’un éventuel sabotage du réseau officiel pouvant perturber ou interrompre les liaisons téléphoniques (indispensable au bon déroulement de l’activité militaire).

Internet dans une valise : Cette valise contiendra un ordinateur portable, une antenne sans fil, des disques durs externes et un logiciel sur CD. Cet outil ne nécessite pas de compétences techniques particulières (Une notice est livrée avec), après quelques manipulations et clics, le « dissident » pourra surfer tranquillement sur la toile et contourner la censure étatique. Le plus difficile sera sans doute de faire arriver la valise à bon port. Le problème ne semble pas incontournable pour les services américains.

Beaucoup y voit là un projet ambitieux et un nouveau vecteur pour diffuser la démocratie. Les Irakiens ont eu droit à des tomahawks en guise d’entrée pour apprécier les délices et saveurs de la démocratie à la sauce yankee. Comme souvent, derrière ce vernis se cache un autre agenda caché. Déstabiliser les pays récalcitrants à la politique US. Force est de constater que les États-Unis remodèlent internet en un véritable outil de combat. Internet, une plateforme qui permet la collecte , le partage et la diffusion d’informations est en passe de se transformer davantage en un espace de guerre et d’espionnage. D’un point de vue technique le défi est relevé haut la main, quoiqu’il faudrait un retour d’expérience sur ces technologies pour apprécier leur efficacité. Mais pour ce qui est de la souveraineté des États et connaissant les intentions non amicales des Américains envers les pays musulmans, ces nouvelles technologies ne présagent rien de bon pour les pays concernés.

 
Reproduction autorisée en citant la source : http://www.al-har.fr/blog/?p=9700
 



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1 Comment

  1. Gin Ichimaru

    Sentiment partagé concernant cet article. C’est pourtant grâce aux nouvelles technologies (Internet) que plusieurs pays arabes ont été « libérés » de la joute de dirigeants, pour ne pas dire dictateurs, assoiffés de pouvoir, finalement déchus de leur trône doré. Peut-on considéré Internet comme un outil néfaste lorsqu’il s’agit de dénoncer les dures réalités d’un pays ? Tout le monde n’est pas forcément aussi mal intentionné que les américains. Quoiqu’il en soit, n’importe quel outil de communication (médias, radios ou autre) peut, selon la façon dont il est utilisé, être un outil de propagande ou un véritable outil d’informations.

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